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Draps et oreillers : à quelle fréquence les laver, et pourquoi ça compte

L’équipe de rédaction du DRPPublié le 7 min de lecture

On passe environ le tiers de sa vie collé aux mêmes quelques mètres carrés de tissu. Tout ce que la peau et les cheveux dégagent la nuit aboutit là, et une partie y reste. Voici ce qui s’accumule vraiment dans la literie, à quelle fréquence la laver, et quand l’eau chaude change réellement quelque chose.

Ce qui s’accumule dans les draps et les taies

Un lit est chaud, un peu humide, et constamment approvisionné en nourriture pour de minuscules bestioles. Chaque nuit, vos draps recueillent :

  • De la sueur, l’eau salée que la peau libère pour vous rafraîchir, même par une fraîche nuit canadienne.
  • Du sébum, l’huile naturelle de la peau et du cuir chevelu, plus les produits capillaires sans rinçage et les crèmes de nuit que vous portez.
  • Des cellules mortes. La peau renouvelle sa couche externe en continu, et ces squames se déposent dans le tissu.
  • Des acariens, de minuscules cousins des araignées, invisibles à l’œil nu. Allergy UK explique qu’ils se nourrissent des cellules mortes que nous perdons et préfèrent la chaleur et l’humidité, ce qui décrit assez bien un lit.

Pour la plupart des gens en santé, rien de tout ça n’est dangereux. C’est simplement pourquoi la vieille literie sent le renfermé et tourne au gris. Mais pour les peaux sensibles, l’eczéma ou les allergies, ce qu’il y a dans le tissu peut compter plus que ce qu’il y a dans le détergent.

À quelle fréquence laver draps et taies ?

Il n’y a pas de loi de la nature ici, mais il y a une recommandation constante. Pour réduire les acariens, Santé Canada conseille de laver le linge de lit à l’eau chaude chaque semaine. Allergy UK suggère aussi de laver chaque semaine toute la literie qui n’est pas dans une housse protectrice.

Une fois par semaine est une bonne base pour les draps et les taies. Vous pourriez laver plus souvent si :

  • vous transpirez beaucoup la nuit, ou c’est le cœur d’un été humide
  • un animal dort sur le lit
  • quelqu’un dans le lit a de l’eczéma, une allergie aux acariens ou de l’asthme
  • vous vous remettez d’une maladie ou d’une infection de la peau

Et si vous n’avez pas d’allergie et qu’une semaine devient dix jours ? Ce n’est pas une crise sanitaire. L’important, c’est une routine régulière, pas la perfection.

Les couettes, couvertures et protège-matelas accumulent les mêmes choses, mais plus lentement, parce qu’un drap ou une housse les sépare de vous. Les laver aux quelques mois, ou quand ils sont visiblement sales, est une approche pratique courante, même si nous n’avons pas trouvé de norme officielle là-dessus.

La température de l’eau compte-t-elle ?

Tout dépend de ce qu’on veut enlever.

Pour la saleté ordinaire, la sueur et le gras, un détergent moderne à la température indiquée sur l’étiquette d’entretien fait le travail. Ce n’est plus la chaleur qui lave, c’est la formule.

Pour les acariens, la température compte beaucoup. Dans une étude bien connue de 1992 publiée dans le Journal of Allergy and Clinical Immunology, tous les acariens ont été tués par une eau à 55 °C ou plus. Aucun des détergents ou additifs testés n’a permis à une eau plus froide d’en tuer davantage. Un lavage à froid, avec ou sans détergent, laissait la plupart des acariens vivants dans la literie, même s’il éliminait plus de 90 % de l’allergène (la protéine de leurs déjections qui cause les symptômes d’allergie).

C’est pourquoi des cliniques d’allergie britanniques recommandent un cycle à 60 °C pour la literie. Allergy UK explique le piège du lavage à froid : l’allergène se dissout et part au rinçage, mais les acariens survivants en produisent simplement d’autre.

Une note pratique : le réglage « chaud » d’une laveuse n’indique pas toujours la vraie température de l’eau. Si les acariens sont un enjeu chez vous, cherchez dans le manuel un cycle dont la température est précisée. Sans allergie aux acariens, inutile de tout laver à chaud.

Les oreillers, la partie qu’on oublie

On lave les taies. Les oreillers, souvent pas, pendant des années.

Une petite étude britannique parue dans la revue Allergy a mis en culture 10 oreillers utilisés régulièrement depuis 1,5 à plus de 20 ans. Chaque oreiller contenait des moisissures, de 4 à 16 espèces par oreiller, la plus fréquente étant Aspergillus fumigatus, une moisissure qui peut causer des problèmes pulmonaires chez les personnes asthmatiques ou dont l’immunité est affaiblie. Les oreillers synthétiques abritaient plus d’espèces que ceux en plumes. Dix oreillers, ce n’est pas un sondage de toutes les chambres, mais c’est un bon rappel qu’un oreiller ne se nettoie pas tout seul.

Vos options, selon les conseils des cliniques d’allergie :

  • Laver l’oreiller si l’étiquette le permet. Le Cambridge University Hospitals suggère un cycle à 60 °C pour les oreillers, édredons, couvertures et couettes qui ne sont pas dans une housse anti-allergènes.
  • Le congeler. Le même guide du NHS suggère, si l’oreiller ne se lave pas, 12 heures au congélateur une fois par mois pour tuer les acariens. Le froid tue les acariens mais n’enlève pas leur allergène : un lavage ensuite aide, si l’étiquette le permet.
  • L’enfermer dans une housse anti-allergènes à fermeture éclair qui l’entoure complètement, ce qui rejoint l’avis de cet hôpital du NHS : les housses barrières sont la mesure anti-acariens la plus efficace.
  • Le remplacer quand il est bosselé, taché ou qu’il sent, peu importe ce que vous faites.

Literie, acné et eczéma : ce que disent les données

Changer de taie peut-il faire disparaître l’acné ? L’idée se tient. L’American Academy of Dermatology souligne que le sébum des cheveux peut causer de l’acné sur le front et conseille de garder les cheveux loin du visage. Une taie garde ce gras et les résidus de produits capillaires contre les joues et le front pendant des heures.

Cela dit, nous n’avons pas trouvé de bons essais cliniques sur le changement de taie comme traitement de l’acné. Une taie propre deux fois par semaine est donc une habitude peu coûteuse et sans danger, pas une solution prouvée. Si l’acné persiste ou laisse des marques, parlez de traitement à votre médecin ou à votre pharmacien.

Pour l’eczéma, le lien est plus concret chez certaines personnes. Allergy UK cite l’eczéma qui démange ou qui s’aggrave parmi les symptômes liés à l’allergie aux acariens. Mais toutes les personnes eczémateuses ne sont pas allergiques aux acariens, et les données sur l’effet réel des mesures anti-acariens sur l’eczéma sont partagées. Cette question mérite son propre article.

Une routine simple qui convient à la plupart des maisons

  • Lavez draps et taies chaque semaine, avec un détergent sans parfum à la dose indiquée.
  • Utilisez l’eau chaude (55 à 60 °C) pour la literie si quelqu’un est allergique aux acariens ; sinon, suivez l’étiquette d’entretien.
  • Lavez ou congelez les oreillers quelques fois par année, ou couvrez-les.
  • Surveillez l’humidité de la chambre. Santé Canada suggère de 35 à 50 %, ce qui veut dire un déshumidificateur dans une chambre au sous-sol humide et, souvent, un humidificateur pendant l’hiver sec canadien.
  • Séchez la literie complètement avant de la remettre. Un tissu humide, c’est exactement ce qu’aiment les acariens et les moisissures.

Si vous choisissez un détergent pour une literie qui touche une peau sensible chaque nuit, vous pouvez parcourir les options de lessive sans parfum évaluées par le panel.

En bref : laver draps et taies chaque semaine est une bonne habitude, l’eau chaude se justifie surtout quand les acariens sont en cause, et les oreillers méritent plus d’attention qu’on leur en donne. Une literie propre est un petit gain fiable pour le confort de la peau, même si elle ne guérit à elle seule ni l’acné ni l’eczéma.

Questions liées

Une fois par semaine, est-ce vraiment nécessaire ?

C’est une bonne base plutôt qu’une règle stricte. Santé Canada et Allergy UK suggèrent tous deux de laver la literie chaque semaine quand les acariens dérangent. Si vous n’avez pas d’allergie et dormez seul, étirer un peu le délai n’est pas un risque pour la santé. Si vous transpirez beaucoup, si un animal dort sur le lit ou si vous avez de l’eczéma ou une allergie aux acariens, chaque semaine a plus de sens.

Quelle température tue les acariens au lavage ?

Une étude de laboratoire classique a montré que tous les acariens mouraient dans une eau à 55 °C ou plus. Les recommandations britanniques en allergie suggèrent un cycle à 60 °C. Un lavage à froid a quand même éliminé plus de 90 % de l’allergène dans cette étude, mais il laissait la plupart des acariens vivants, et l’allergène revenait avec le temps.

À quelle fréquence laver ou remplacer mon oreiller ?

Nous n’avons trouvé aucun calendrier officiel de remplacement. Ce qu’on sait : une étude britannique sur des oreillers utilisés depuis 1,5 à plus de 20 ans a trouvé plusieurs espèces de moisissures dans chacun. Le laver à chaud si l’étiquette le permet, le congeler ou l’enfermer dans une housse anti-allergènes sont les options que proposent les cliniques d’allergie.

Une taie d’oreiller sale peut-elle causer de l’acné ?

C’est plausible, mais les preuves sont minces. L’American Academy of Dermatology note que le sébum des cheveux peut causer de l’acné sur le front, et la taie garde ce gras contre le visage toute la nuit. Nous n’avons pas trouvé de bons essais sur le changement de taie comme traitement de l’acné : voyez-le comme une habitude peu coûteuse, pas comme un remède.

Sources

  1. Dust and dust mitesHealth Canada, 2022
  2. House Dust Mite Allergy factsheetAllergy UK, 2021
  3. How to reduce the level of dust mites in your homeCambridge University Hospitals NHS Foundation Trust, 2024
  4. The role of water temperature and laundry procedures in reducing house dust mite populations and allergen content of beddingJournal of Allergy and Clinical Immunology (PubMed), 1992
  5. Fungal contamination of beddingAllergy (PubMed), 2006
  6. Acne: Tips for managingAmerican Academy of Dermatology, 2024

Cet article est une information générale, pas un avis médical. Si vous avez une inquiétude au sujet de votre peau, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien.

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