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La niacinamide : ce que fait vraiment la vitamine B3 polyvalente

L’équipe de rédaction du DRPPublié le 7 min de lecture

La niacinamide se retrouve dans les nettoyants, les hydratants, les sérums et les écrans solaires, et les promesses qui l’accompagnent couvrent presque tout : pores, rougeurs, sébum, taches, barrière cutanée. Une liste aussi longue a l’air trop belle pour être vraie. Le portrait honnête : la niacinamide a des preuves réelles, quoique modestes, pour plusieurs de ces rôles, ce que bien des ingrédients à la mode ne peuvent pas dire.

C’est quoi, la niacinamide ?

La niacinamide (aussi appelée nicotinamide) est une forme de vitamine B3. DermNet la décrit comme la forme active et soluble dans l’eau de cette vitamine, présente naturellement dans des aliments comme la levure, la viande, le poisson, les noix et les légumineuses. Vos cellules s’en servent pour fabriquer le NAD, une molécule auxiliaire essentielle à la production d’énergie et à la réparation de l’ADN.

En soins de la peau, elle a trois avantages pratiques. C’est une petite molécule qui pénètre dans la couche externe de la peau, elle reste stable dans le flacon, et elle est douce. Cette combinaison est rare, et c’est pourquoi les formulateurs en mettent dans tant de produits.

Le mythe des bouffées : la niacinamide n’est pas la niacine

Bien des gens entendent « vitamine B3 » et pensent à la bouffée chaude, rouge et picotante que certains ressentent avec des suppléments de niacine. C’est une autre molécule.

La niacine, ou acide nicotinique, cause des bouffées parce qu’elle active un récepteur précis dans la peau. Cela déclenche la libération de prostaglandines, des messagers chimiques qui dilatent les vaisseaux sanguins. Une revue de 2025 parue dans la revue Medicina explique qu’il manque à la niacinamide la partie de la molécule qui active ce récepteur, d’où son profil d’effets secondaires si différent. DermNet le dit simplement : la niacinamide ne cause pas de bouffées.

Et sur la peau ? Une revue de 2021 parue dans la revue Antioxidants rapporte que des personnes à qui on a appliqué de la niacinamide à 10 pour cent n’ont ressenti ni picotement ni bouffée, et qu’un produit à 5 pour cent n’a causé aucune irritation lors d’un test d’application répétée de 21 jours. La même revue ajoute une nuance sensée : chaque peau est différente. Si un sérum à la niacinamide vous fait rougir, c’est plus probablement le reste de la formule ou la sensibilité de votre peau qu’une bouffée de type niacine.

Barrière cutanée et rougeurs : ce que montrent les études

Votre barrière cutanée, c’est la couche externe de la peau, un mur de cellules aplaties soudées par des lipides, surtout des céramides. Quand elle est affaiblie, l’eau s’échappe et les irritants entrent.

En laboratoire, sur des cellules de peau, la niacinamide a augmenté la production de céramides et d’autres lipides de la barrière, ainsi que de protéines comme la filaggrine qui aident à bâtir la couche externe, selon la revue d’Antioxidants. Chez les humains, les preuves sont plus minces, mais cohérentes :

  • Un hydratant à 2 pour cent de niacinamide a amélioré la fonction barrière chez des personnes atteintes de rosacée, une affection où le visage rougit et reste rouge. DermNet note que leur peau réagissait aussi moins aux irritants comme les nettoyants et les cosmétiques.
  • Dans une étude sur 28 personnes atteintes de dermatite atopique (eczéma), une crème à 2 pour cent de niacinamide a réduit la perte insensible en eau, c’est-à-dire l’eau qui s’évapore à travers la peau, et augmenté l’hydratation, comparativement à la peau non traitée ou à la gelée de pétrole seule, comme le résume la revue de Medicina.

Ce sont de petites études, et celle sur la rosacée testait un hydratant complet, donc difficile de départager la niacinamide du reste de la crème. Mais la tendance est constante : la niacinamide semble aider une barrière affaiblie à retenir l’eau. C’est un soutien, pas un traitement de la rosacée ou de l’eczéma.

Sébum, pores et boutons

DermNet rapporte qu’un produit à 2 pour cent de niacinamide utilisé pendant quatre à six semaines a fait une différence significative sur la brillance et le côté gras du visage. La revue de Medicina note qu’on ne comprend pas encore entièrement comment la niacinamide réduit la production de sébum.

Pour l’acné, l’essai le plus connu date de 1995. Soixante-seize personnes atteintes d’acné inflammatoire modérée ont appliqué soit un gel de niacinamide à 4 pour cent, soit un gel de clindamycine à 1 pour cent, un antibiotique topique courant, deux fois par jour pendant huit semaines. Les deux groupes se sont améliorés de façon semblable : 82 pour cent du groupe niacinamide et 68 pour cent du groupe antibiotique ont été jugés améliorés, un écart non significatif sur le plan statistique.

Un essai de 2013 mené auprès de 60 femmes a trouvé un gel de niacinamide à 5 pour cent à peu près aussi efficace qu’un gel de clindamycine à 2 pour cent, et la revue de Medicina cite ces travaux parmi plusieurs études randomisées appuyant son usage. L’intérêt : la niacinamide ne favorise pas les bactéries résistantes aux antibiotiques. La limite : ces essais étaient petits et courts. La niacinamide est une option raisonnable pour l’acné légère, pas un substitut à un traitement prescrit par votre médecin.

Taches foncées et teint inégal

La niacinamide ne bloque pas la fabrication du pigment comme le font certains éclaircissants. Elle ralentit plutôt le transfert de la mélanine (le pigment de la peau) des cellules qui la fabriquent vers les cellules voisines, explique la revue d’Antioxidants, si bien qu’il en paraît moins en surface.

Chez les humains :

  • Un essai en demi-visage mené auprès de 18 femmes a trouvé qu’un hydratant à 5 pour cent de niacinamide réduisait les taches brunes en huit semaines, comparativement au même hydratant sans niacinamide. Un essai subséquent a montré que 5 pour cent fonctionnait, alors que 2 pour cent n’atteignait pas la signification statistique.
  • Un essai en demi-visage de 12 semaines auprès de 50 femmes de 40 à 60 ans a trouvé qu’un hydratant à 5 pour cent améliorait ridules, taches, texture, rougeurs diffuses et teint jaunâtre par rapport à l’hydratant seul.

La nuance importante : ces deux essais ont été menés par des scientifiques d’un grand fabricant de soins de la peau, et les deux étaient petits. Les résultats sont plausibles et concordent avec les travaux en laboratoire, mais ils sont financés par l’industrie, et les changements étaient graduels et modestes.

Quelle concentration, et comment l’utiliser

L’essentiel des preuves vient de produits contenant de 2 à 5 pour cent de niacinamide, et les travaux sur les taches pointent vers environ 5 pour cent. On voit beaucoup de sérums qui affichent des pourcentages bien plus élevés, mais les études consultées ne montrent pas que davantage donne plus de bienfaits. La revue d’Antioxidants décrit la niacinamide comme bien tolérée aux concentrations habituelles, sous les 5 pour cent.

Quelques repères pratiques :

  • Elle fonctionne mieux dans un produit sans rinçage. Un nettoyant part à l’eau en quelques secondes.
  • Donnez-lui du temps. La plupart des essais ont mesuré les résultats après 4 à 12 semaines.
  • Elle est stable et peu exigeante côté pH, donc elle se superpose facilement à un hydratant et à un écran solaire.
  • Ajoutez un nouveau produit à la fois. Si votre peau pique ou rougit, arrêtez et voyez si ça se calme.
  • Si l’acné, les rougeurs ou les taches ne s’améliorent pas après quelques mois, consultez votre médecin ou votre pharmacien. La rosacée, le mélasma et l’acné modérée ont des traitements d’ordonnance efficaces.

Vous pouvez parcourir les sérums et traitements évalués par le comité ou filtrer les produits axés sur la barrière cutanée.

La niacinamide mérite sa popularité plus honnêtement que bien des ingrédients : elle est douce, stable, ne cause pas la bouffée de la niacine, et elle s’appuie sur des essais petits mais cohérents pour la barrière cutanée, le sébum, l’acné légère et les taches. Choisissez un produit sans rinçage qui en contient une quantité réelle, attendez-vous à des résultats graduels, et ne la laissez pas remplacer un traitement dont vous avez vraiment besoin.

Questions liées

La niacinamide cause-t-elle des bouffées comme la niacine ?

Non. La niacine (acide nicotinique) cause des bouffées parce qu’elle active un récepteur qui libère des messagers chimiques dilatant les vaisseaux sanguins. La niacinamide n’agit pas sur ce récepteur, et DermNet précise qu’elle ne cause pas de bouffées. Si un produit à la niacinamide rend votre peau rouge ou la fait piquer, c’est plus probablement une irritation due à la formule ou à la sensibilité de votre peau.

Un pourcentage plus élevé de niacinamide est-il meilleur ?

Les essais ne l’ont pas montré. La plupart des études ont utilisé de 2 à 5 pour cent, et un essai sur les taches a trouvé que 5 pour cent fonctionnait là où 2 pour cent n’atteignait pas la signification statistique. Il existe des sérums beaucoup plus concentrés, mais les études consultées ne montrent pas que davantage donne plus de bienfaits. L’essentiel des preuves se situe autour de 4 à 5 pour cent.

La niacinamide peut-elle remplacer mon traitement contre l’acné ?

Pour l’acné légère, elle peut aider : de petits essais ont trouvé un gel à 4 ou 5 pour cent comparable à un gel antibiotique topique. Mais ces études étaient petites et courtes. Si vous suivez un traitement prescrit, ne le remplacez pas de vous-même ; demandez à votre médecin ou à votre pharmacien si la niacinamide pourrait plutôt s’y ajouter.

Puis-je combiner la niacinamide avec d’autres actifs ?

En général, oui. Elle est stable, peu exigeante côté pH et douce, c’est pourquoi on l’associe souvent à l’écran solaire, à l’hydratant ou aux traitements contre l’acné. Comme pour tout nouveau produit, ajoutez-en un à la fois, pour savoir à quoi votre peau réagit si elle s’irrite.

Sources

  1. NicotinamideDermNet, 2018
  2. Mechanistic Basis and Clinical Evidence for the Applications of Nicotinamide (Niacinamide) to Control Skin Aging and PigmentationAntioxidants (PMC), 2021
  3. Nicotinamide: A Multifaceted Molecule in Skin Health and BeyondMedicina (PMC), 2025
  4. Topical nicotinamide compared with clindamycin gel in the treatment of inflammatory acne vulgarisInternational Journal of Dermatology (PubMed), 1995
  5. Topical niacinamide reduces yellowing, wrinkling, red blotchiness, and hyperpigmented spots in aging facial skinInternational Journal of Cosmetic Science (PubMed), 2004

Cet article est une information générale, pas un avis médical. Si vous avez une inquiétude au sujet de votre peau, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien.

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