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Acide glycolique ou lactique : lequel convient à votre peau ?

L’équipe de rédaction du DRPPublié le 6 min de lecture

L’acide glycolique et l’acide lactique se côtoient en tablette, souvent dans des flacons presque identiques. Les deux sont des acides alpha-hydroxylés (AHA), des acides qui aiment l’eau et qui décollent les cellules mortes à la surface de la peau pour qu’elles tombent. Mais ils ne se comportent pas tout à fait pareil, et choisir le bon peut faire la différence entre une peau plus lisse et une semaine de picotements.

Même famille, tailles différentes

Les AHA sont de petits acides organiques. La FDA américaine nomme l’acide glycolique et l’acide lactique comme les deux plus courants en cosmétique. Ils agissent de la même façon de base : une revue de 2018 parue dans la revue Molecules explique que les AHA affaiblissent la « cohésion » entre les cellules mortes de la couche externe. Autrement dit, ils desserrent la colle pour que les vieilles cellules se détachent.

La grande différence, c’est la taille. L’acide glycolique est le plus petit des AHA, et l’acide lactique est un peu plus gros. Une revue clinique et juridique des AHA publiée en 2024 résume la conséquence pratique :

  • La petite taille de l’acide glycolique lui permet de pénétrer plus profondément ; il agit donc plus fort, mais cette profondeur peut irriter la peau sensible.
  • L’acide lactique pénètre moins loin, ce qui réduit le risque d’irritation.

C’est un peu le même outil avec une prise différente. Le glycolique va plus loin ; le lactique reste plus près de la surface.

L’atout de l’acide lactique : l’hydratation

L’acide lactique n’est pas qu’un exfoliant. Votre peau en fabrique déjà une version. La revue de 2018 rappelle que l’acide lactique, sous forme de lactate de sodium, fait partie du facteur naturel d’hydratation de la peau, ce mélange de petites molécules qui retiennent l’eau dans les cellules de la couche externe.

C’est pourquoi on le retrouve si souvent dans les lotions pour le corps et les produits pour la peau rugueuse et sèche. Il exfolie tout en agissant comme humectant, un ingrédient qui attire l’eau dans la peau. La revue de 2024 décrit l’acide lactique comme le choix privilégié pour la peau sèche en raison de ses propriétés hydratantes, et la revue de 2018 cite des travaux plus anciens qui le trouvaient moins irritant que l’acide glycolique.

L’acide glycolique n’a pas la même réputation hydratante. Ses forces, ce sont la texture, l’uniformité du teint et l’apparence des ridules, d’où sa popularité dans les toniques et les peelings pour le visage.

À qui chacun convient

Il n’y a pas de gagnant, seulement un meilleur jumelage. D’après la revue de 2024 :

  • L’acide glycolique convient plutôt à la peau normale à grasse qui tolère bien les actifs, et à ceux qui cherchent une texture plus lisse ou un teint plus uniforme.
  • L’acide lactique convient plutôt à la peau sèche, à la peau sensible et à quiconque essaie un acide pour la première fois.

Quelques repères pratiques :

  • Si un tonique glycolique vous a déjà fait piquer la peau, l’acide lactique est un essai raisonnable avant d’abandonner les AHA.
  • Si votre peau est grasse et que vous visez surtout les pores bouchés, aucun des deux n’est l’outil idéal. Les deux se dissolvent dans l’eau, pas dans l’huile, et travaillent surtout en surface.
  • Sur une poussée d’eczéma, un coup de soleil ou une peau lésée, laissez-les de côté jusqu’à la guérison.

Pourquoi le pourcentage et le pH comptent tous les deux

Le chiffre sur le devant du flacon ne dit que la moitié de l’histoire. La force d’un acide sur votre peau dépend de la quantité présente et de l’acidité du produit entier, qu’on mesure par le pH (plus le pH est bas, plus c’est acide).

La revue de 2018 donne une idée de l’effet de la concentration : en gros, un AHA à 1 pour cent peut modifier l’acidité des trois couches externes de cellules mortes, alors qu’à 10 pour cent il peut toucher les 10 à 20 couches. Sa conclusion est directe : qu’un AHA soit un ami ou un ennemi de votre peau dépend de sa concentration.

La revue de 2024 montre aussi le haut de l’échelle. Dans des études sur les peelings glycoliques faits en clinique, un peeling à 50 pour cent causait beaucoup plus de rougeurs modérées à sévères, de desquamation et de sensation de tiraillement que des peelings à 20 ou 30 pour cent. Elle prévient aussi que certaines combinaisons agressives peuvent laisser des taches foncées sur les peaux moyennes à foncées.

Voilà pourquoi les autorités fixent des limites sur les deux chiffres, pas seulement sur le pourcentage.

Ce que le Canada permet

Au Canada, la Liste critique des ingrédients cosmétiques de Santé Canada encadre les AHA dans les cosmétiques. Pour les produits appliqués sur la peau à la maison :

  • De 3 à 18 pour cent d’AHA au total, à un pH de 3,5 ou plus.
  • Entre 18 et 30 pour cent, ou à un pH entre 3,0 et 3,5, c’est réservé à l’usage professionnel.
  • L’étiquette doit dire d’utiliser seulement selon le mode d’emploi, d’éviter les yeux, de cesser et de consulter un médecin si l’irritation persiste, et de couvrir d’un écran solaire la peau traitée avant l’exposition au soleil.

À titre de comparaison, la FDA américaine renvoie à un comité d’experts qui juge les produits AHA sûrs à 10 pour cent ou moins, avec un pH de 3,5 ou plus. Un produit vendu au Canada peut donc légalement être plus fort. Pour débuter en douceur, restez bien en dessous du maximum canadien.

La question du soleil

Les deux acides rendent la peau plus sensible aux rayons ultraviolets (UV). La revue de 2018 cite une étude où l’acide glycolique à 10 pour cent, utilisé pendant 12 semaines, augmentait la sensibilité de la peau aux UV et le nombre de cellules de coup de soleil, des cellules endommagées qui apparaissent après une exposition. Des travaux en laboratoire dans la même revue suggèrent que l’acide lactique peut aussi amplifier certaines réactions des cellules aux UV.

La FDA indique que l’effet disparaît environ une semaine après l’arrêt. En pratique :

  • Portez un écran solaire chaque matin pendant l’utilisation de l’un ou l’autre acide, hiver canadien compris.
  • Continuez une semaine après l’arrêt.
  • Ne commencez pas un nouvel acide juste avant des vacances à la plage ou une semaine de ski.

Comment commencer

  • Choisissez un seul acide. Le lactique si votre peau est sèche ou réactive, le glycolique si elle est résistante et que vous voulez un effet plus marqué sur la texture.
  • Au début, utilisez-le deux ou trois soirs par semaine, sur une peau propre et sèche, puis hydratez.
  • Un léger picotement qui passe en une minute est courant. Une brûlure, une rougeur qui dure ou une desquamation veulent dire : arrêtez quelques jours, puis reprenez moins souvent.
  • Ne le superposez pas à un gommage, à un rétinoïde ou à un autre acide le même soir.

Vous pouvez parcourir les exfoliants évalués par le comité si vous comparez les options. Si l’irritation ne se calme pas dans une semaine ou deux après l’arrêt, consultez votre médecin ou votre pharmacien.

En résumé : l’acide glycolique et l’acide lactique font le même travail de base. Le glycolique est plus petit, va plus loin et frappe plus fort ; le lactique est plus doux et ajoute de l’hydratation. Commencez par celui qui correspond à votre peau, gardez une concentration modeste et considérez l’écran solaire comme faisant partie de l’entente.

Questions liées

L’acide lactique est-il plus faible que l’acide glycolique ?

Plus doux est un meilleur mot que plus faible. L’acide lactique est une molécule plus grosse : il pénètre moins profondément et pique généralement moins. Les revues décrivent l’acide glycolique comme le plus pénétrant des deux et l’acide lactique comme mieux toléré par la peau sèche et sensible. À pourcentage et pH égaux, le glycolique se fait habituellement sentir davantage.

Peut-on utiliser l’acide glycolique et l’acide lactique ensemble ?

Bien des produits combinent déjà plusieurs AHA, et c’est correct aux concentrations vendues au Canada. Ce qui s’additionne, c’est l’empilement de produits : un tonique glycolique, puis un sérum lactique, puis un gommage. L’irritation grimpe avec la force totale et la fréquence. Si vous voulez les deux, alternez les soirs plutôt que de les superposer.

L’acide lactique rend-il aussi sensible au soleil ?

Oui. La mise en garde sur le soleil vise tous les AHA, et la mention exigée par Santé Canada s’applique à tout produit qui en contient. Des travaux en laboratoire résumés dans une revue de 2018 suggèrent que l’acide lactique peut aussi amplifier certaines réactions aux UV. Portez un écran solaire chaque jour pendant l’utilisation et environ une semaine après l’arrêt.

Lequel est le meilleur contre l’acné ?

Ni l’un ni l’autre n’est le premier choix pour les pores bouchés, parce que les deux se dissolvent dans l’eau plutôt que dans l’huile et agissent surtout en surface. L’acide glycolique convient plutôt aux peaux grasses, mais il reste un exfoliant de surface. Pour les points noirs et les boutons actifs, un exfoliant soluble dans l’huile ou un traitement contre l’acné convient souvent mieux.

Sources

  1. Evaluating the efficacy and safety of alpha-hydroxy acids in dermatological practice: a comprehensive clinical and legal reviewClinical, Cosmetic and Investigational Dermatology, 2024
  2. Dual effects of alpha-hydroxy acids on the skinMolecules (PMC), 2018
  3. Alpha Hydroxy AcidsUS Food and Drug Administration, 2022
  4. Cosmetic Ingredient HotlistHealth Canada, 2025

Cet article est une information générale, pas un avis médical. Si vous avez une inquiétude au sujet de votre peau, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien.

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