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Pellicules : pourquoi votre cuir chevelu pèle, et ce qui se cache derrière

L’équipe de rédaction du DRPPublié le 7 min de lecture

Des flocons blancs sur un chandail foncé, une démangeaison qu’on gratte sans y penser. Les pellicules comptent parmi les problèmes de peau les plus fréquents, et parmi les plus mal compris. On les met sur le dos de la peau sèche, du manque de lavage, ou de l’excès de lavage. La vraie histoire est plus intéressante : une levure qui vit sur presque tout le monde, le sébum que fabrique votre cuir chevelu, et la façon dont votre propre peau réagit au mélange.

À quel point les pellicules sont-elles fréquentes ?

Très. Une revue publiée en 2015 dans le Journal of Clinical and Investigative Dermatology estime que les pellicules touchent environ la moitié des adultes dans le monde. Elles commencent en général à la puberté, atteignent un sommet autour de 20 ans et deviennent moins fréquentes après 50 ans. Les hommes en ont un peu plus souvent que les femmes.

Ce calendrier n’a rien d’un hasard. Il suit l’activité des glandes sébacées, ces petites glandes de la peau qui produisent le sébum (le gras naturel de la peau). Elles s’activent à la puberté, tournent à plein régime dans la vingtaine et la trentaine, puis ralentissent avec l’âge.

Ce que sont vraiment les pellicules

Les pellicules, c’est une desquamation du cuir chevelu sans rougeur ni enflure visible. La peau se renouvelle sans arrêt et élimine ses vieilles cellules en particules trop petites pour qu’on les remarque. Avec les pellicules, ce renouvellement s’accélère et les cellules se détachent en paquets, sous forme de squames blanches à jaunâtres bien visibles. La revue précise que ces squames peuvent avoir l’air grasses ou sèches, ce qui explique en partie pourquoi on les confond si facilement avec de la peau sèche.

Les dermatologues voient les pellicules comme l’extrémité douce d’un spectre. Un cran plus loin, il y a la dermite séborrhéique, une forme d’eczéma qui ajoute de l’inflammation : la peau devient rouge (ou plus foncée, rosée ou violacée sur les peaux plus pigmentées), sensible, souvent plus irritée, et l’atteinte peut déborder du cuir chevelu vers les sourcils, les ailes du nez, l’arrière des oreilles et la poitrine. L’American Academy of Dermatology décrit les pellicules comme la forme la plus légère de la dermite séborrhéique.

Les trois ingrédients : la levure, le sébum et vous

Quelques décennies de recherche pointent trois facteurs qui doivent s’aligner pour que les pellicules apparaissent.

Une levure nommée Malassezia

Malassezia est une famille de levures, un type de champignon microscopique, qui vivent sur la peau de la plupart des adultes en santé. Ce ne sont pas des envahisseurs : elles font partie de la communauté normale de microbes qui habite votre peau. Elles aiment les zones grasses, d’où leur concentration sur le cuir chevelu, le visage et le haut de la poitrine. Les études les retrouvent sur le cuir chevelu des personnes qui ont des pellicules, et une plus grande quantité de deux espèces en particulier accompagne une desquamation plus marquée.

Le sébum, leur nourriture

Malassezia ne fabrique pas ses propres gras, alors elle mange les vôtres. Elle produit des enzymes appelées lipases qui découpent les triglycérides du sébum et libèrent des acides gras, dont l’acide oléique, comme restes de repas. Ce sont ces restes qui posent problème. Ils irritent la couche externe de la peau, dérèglent la façon dont les cellules mûrissent et se détachent, et poussent la peau à envoyer des signaux inflammatoires. Résultat : une desquamation plus rapide et plus grumeleuse. Des pellicules.

Votre propre sensibilité

Voici la partie qui explique pourquoi votre conjoint héberge la même levure sans une seule squame. Dans une expérience décrite dans la revue, des chercheurs ont appliqué de l’acide oléique sur le cuir chevelu de personnes avec et sans pellicules. Chez celles qui n’en avaient pas, rien ne s’est passé. Chez celles qui en avaient, l’acide a déclenché une desquamation, même sur des zones du cuir chevelu jusque-là intactes. La levure est chez tout le monde ; ce qui diffère, c’est la réaction de votre cuir chevelu.

Au microscope, les cuirs chevelus sujets aux pellicules montrent une barrière cutanée (la couche externe de cellules aplaties et de gras qui retient l’eau et bloque les irritants) légèrement désorganisée, avec des gras modifiés et des liens plus lâches entre les cellules. Une barrière qui fuit laisse passer plus facilement les résidus de la levure, et la peau réagit plus fort. Le système immunitaire, le stress et l’alimentation pourraient aussi compter, mais la science est moins claire là-dessus.

Deux mythes à laisser tomber

Mythe : des pellicules, c’est un cuir chevelu sec

Les pellicules sont liées au sébum, pas à son manque. La levure a besoin de gras pour prospérer, et la courbe selon l’âge suit la production de sébum, pas la sécheresse. Un cuir chevelu peut évidemment s’assécher, surtout pendant un hiver canadien avec le chauffage qui roule, et une peau sèche peut peler, mais c’est un autre problème avec une autre solution. Tartiner d’huile un cuir chevelu à pellicules en croyant qu’il est « sec » peut nourrir exactement ce qui cause les squames.

Mythe : des pellicules, c’est un manque de propreté

Le NHS le dit sans détour : les pellicules ne sont pas causées par une mauvaise hygiène. Espacer les lavages les rend plus visibles, parce que le sébum et les cellules mortes s’accumulent, mais ça ne crée pas le problème. La levure se fiche de la fréquence de vos douches.

Pourquoi ça va et ça vient

La plupart des gens remarquent que leurs pellicules empirent l’hiver et se calment l’été. Ce va-et-vient saisonnier est bien documenté pour la dermite séborrhéique, et le NHS cite le froid et le stress parmi les facteurs qui peuvent aggraver les pellicules. Pourquoi l’hiver ? Personne n’en est tout à fait sûr. L’air intérieur plus sec, moins de soleil sur le cuir chevelu, les tuques et une barrière déjà fragilisée jouent probablement tous un rôle.

Ce que visent vraiment les traitements antipelliculaires

Une fois le mécanisme compris, le rayon des shampooings devient plus clair. Les ingrédients antipelliculaires efficaces viennent de familles chimiques différentes, mais ils ont un point commun : une action antifongique. Ils réduisent la population de Malassezia sur votre cuir chevelu, ce qui diminue les résidus irritants, ce qui calme la desquamation.

Sur les étiquettes au Canada, vous verrez entre autres :

  • La pyrithione de zinc, le grand classique, qui perturbe le métabolisme de la levure.
  • Le kétoconazole, un antifongique qui empêche la levure de fabriquer sa paroi.
  • Le sulfure de sélénium, qui ralentit le renouvellement des cellules et a une action antifongique.
  • L’acide salicylique, un kératolytique, c’est-à-dire qu’il décolle et soulève les squames au lieu de s’attaquer à la levure ; on le combine souvent à un autre actif.
  • Le goudron de houille, un ingrédient plus ancien qui ralentit le renouvellement cellulaire et a un certain effet antifongique.

Comme la levure repousse, ce sont des traitements d’entretien, pas des cures. Le NHS suggère de laisser jusqu’à quatre semaines à un shampooing antipelliculaire pour faire ses preuves, et note qu’il faut parfois en essayer plus d’un avant de trouver celui qui vous convient. Pour comparer des options, notre liste de produits capillaires est un bon point de départ.

Quand les squames méritent un médecin

Des pellicules ordinaires, c’est un désagrément, pas un problème médical. Mais quelques signes valent une vérification, selon le NHS et l’American Academy of Dermatology :

  • Votre cuir chevelu est rouge, enflé ou douloureusement irrité.
  • Vous avez aussi des plaques squameuses sur le visage, les oreilles, les sourcils ou la poitrine.
  • Des plaques épaisses, bien délimitées, couvertes de squames argentées, qui font penser à un psoriasis plutôt qu’à des pellicules.
  • Quatre semaines de shampooing antipelliculaire n’ont rien donné.

Dans ces cas, consultez votre médecin ou votre pharmacien. La dermite séborrhéique, le psoriasis, une infection fongique du cuir chevelu et une dermatite de contact peuvent tous ressembler à des pellicules au premier coup d’œil, et chacun se traite différemment.

À retenir : les pellicules sont une réaction, pas un défaut d’hygiène, et rarement un problème de sécheresse. Une levure que tout le monde porte se nourrit du sébum de votre cuir chevelu, laisse derrière elle des acides gras irritants, et un cuir chevelu sensible répond par des squames. Les shampooings antifongiques freinent la levure, d’où l’importance de les utiliser régulièrement. Et si les squames s’accompagnent de rougeurs, dépassent la ligne des cheveux ou résistent après un mois, demandez de l’aide plutôt que d’acheter une cinquième bouteille.

Questions liées

Les pellicules sont-elles causées par un cuir chevelu sec ?

En général, non. Les pellicules sont liées au sébum, pas à son absence : les squames peuvent paraître sèches ou grasses, mais la recherche pointe une levure qui se nourrit de sébum et un cuir chevelu qui réagit trop fort. Un cuir chevelu vraiment sec peut aussi peler, mais il donne de toutes petites squames poudreuses et s’améliore avec un lavage plus doux, pas avec un shampooing antifongique.

Les pellicules sont-elles un signe de mauvaise hygiène ?

Non. Le NHS britannique le dit clairement : les pellicules ne sont pas causées par un manque d’hygiène, même si elles se voient davantage quand on espace les lavages. La levure en cause vit sur la peau de presque tout le monde, et la différence entre un cuir chevelu qui pèle et un autre tient au sébum et à la sensibilité individuelle, pas à la propreté.

Les pellicules sont-elles contagieuses ?

Non. Ni les pellicules ni la dermite séborrhéique ne sont contagieuses. La levure Malassezia fait déjà partie de la flore normale de la peau de la plupart des adultes en santé ; partager une tuque ou un oreiller ne donne pas de pellicules à quelqu’un. Ce qui change d’une personne à l’autre, c’est la façon dont le cuir chevelu y réagit.

Quand consulter pour des pellicules ?

Si un shampooing antipelliculaire n’a rien changé après environ quatre semaines, si votre cuir chevelu est rouge, enflé ou très irrité, ou si vous avez aussi des plaques qui pèlent sur le visage, les oreilles ou la poitrine, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien. Ces signes peuvent indiquer une dermite séborrhéique, un psoriasis ou une autre affection qui se traite autrement.

Sources

  1. Seborrheic Dermatitis and Dandruff: A Comprehensive ReviewJournal of Clinical and Investigative Dermatology (PMC), 2015
  2. Seborrhoeic dermatitisDermNet, 2024
  3. DandruffNHS, 2024
  4. Seborrheic dermatitis: OverviewAmerican Academy of Dermatology, 2022

Cet article est une information générale, pas un avis médical. Si vous avez une inquiétude au sujet de votre peau, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien.

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