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Articles Barrière cutanée et hydratation

Protéger sa peau du vent, du froid et de l’air sec des maisons

L’équipe de rédaction du DRPPublié le 7 min de lecture

Autour de novembre, bien des Canadiens remarquent la même chose : les joues qui tirent après la douche, les jointures qui craquent, les tibias qui piquent la nuit, les lèvres qui pèlent. Ce n’est ni votre imagination ni de la malchance. L’hiver s’attaque à votre barrière cutanée des deux côtés à la fois, et une fois qu’on voit comment, les solutions sont simples.

Pourquoi l’hiver assèche la peau

La couche externe de votre peau, la couche cornée, retient l’eau grâce à un mur de cellules mortes cimentées par des gras appelés lipides. Un peu d’eau s’évapore toujours à travers; les chercheurs appellent ça la perte insensible en eau, ou TEWL. Dans les études en chambre climatique, cette perte augmente quand l’humidité baisse. L’air sec tire tout simplement l’eau de la peau plus vite.

Pensez maintenant à un hiver canadien. Dehors, l’air froid contient très peu d’humidité, et le vent accélère l’évaporation sur la peau exposée. Dedans, la fournaise chauffe ce même air sec, et l’humidité relative d’une maison chauffée tombe souvent sous 30 %. La fiche de Santé Canada sur l’humidité intérieure note qu’un air aussi sec peut aggraver les allergies cutanées, irriter les yeux et mener à une peau gercée (et aux chocs statiques).

Ajoutez les habitudes d’hiver qui font du bien mais retirent les lipides, comme les longues douches chaudes et les chandails de laine, et vous avez une barrière qui perd de l’eau plus vite qu’elle ne se répare. L’Association canadienne de dermatologie nomme le temps froid, avec son air extérieur peu humide et le chauffage sec, comme la cause la plus fréquente de peau sèche, et note que ça empire avec l’âge.

Corrigez l’air dans lequel vous vivez

Le changement qui aide toute votre peau en même temps, c’est de rendre l’air intérieur moins sec.

  • Visez 30 à 35 % d’humidité relative en hiver, la plage recommandée par Santé Canada (et restez sous 50 % en été pour éviter les moisissures).
  • Mesurez-la. Un hygromètre, un petit capteur d’humidité, coûte peu dans n’importe quelle quincaillerie.
  • Utilisez un humidificateur si vous êtes sous 30 %. Les dermatologues suggèrent souvent un appareil à brume fraîche dans la chambre. Nettoyez-le selon les directives du fabricant : un humidificateur sale répand moisissures et bactéries.
  • Surveillez vos fenêtres. Les jours de grand froid, une maison ne tolère parfois même pas 30 % sans condensation sur les vitres. Si elles s’embuent ou coulent, baissez l’humidificateur ce jour-là.
  • Gardez le thermostat modéré. Plus l’air est chaud, plus il est sec, relativement parlant.

Repensez la douche

  • Limitez les douches et les bains à 5 à 10 minutes, à l’eau tiède plutôt que chaude. L’eau tiède retire les huiles naturelles de la peau plus efficacement que l’eau fraîche, et l’eau chaude encore plus vite.
  • Fermez la porte de la salle de bain pour garder la vapeur avec vous.
  • Utilisez un nettoyant doux sans parfum, et seulement là où c’est nécessaire. Le pain de savon traditionnel a un pH élevé (autour de 9 à 10), ce qui abîme la barrière; l’Association canadienne de dermatologie suggère des syndets (détergents synthétiques) au pH plus proche de celui de la peau, autour de 5 à 7.
  • Tapotez pour sécher plutôt que de frotter, et hydratez dans les minutes qui suivent, sur peau encore humide.

Passez à un hydratant plus riche

Ce que vous utilisez en juillet est probablement trop léger pour janvier. Les groupes de dermatologie des deux côtés de la frontière le disent : passez à une crème plus riche ou à un onguent pendant les mois froids, parce qu’ils retiennent plus d’eau et irritent moins que les lotions.

Cherchez des ingrédients aux rôles différents : des humectants qui attirent l’eau (glycérine, urée, acide lactique, acide hyaluronique), des lipides qui comblent les trous de la barrière (céramides) et des occlusifs qui scellent la surface (pétrolatum). Choisissez « sans parfum » plutôt que « non parfumé », qui peut encore contenir un parfum masquant. Le filtre hydratants est un bon endroit pour comparer.

L’hiver est aussi le moment de lever le pied sur les acides exfoliants. L’American Academy of Dermatology suggère de réduire les produits aux acides alpha ou bêta-hydroxylés pendant les mois froids, parce qu’ils irritent davantage une barrière déjà malmenée.

Appliquez l’hydratant après chaque douche et chaque lavage de mains, et une couche plus épaisse le soir. Pour les tibias, les coudes et les talons, un onguent sous des chaussettes ou un pyjama de coton la nuit fait beaucoup.

Les mains : en première ligne

Les mains reçoivent le froid, le vent, la neige, puis l’eau et le savon une douzaine de fois par jour. Pas étonnant qu’elles craquent.

  • Des gants dehors, toujours. Le froid et le vent frappent fort la peau mince des mains.
  • Des gants pour les travaux à l’eau aussi. L’Association canadienne de dermatologie recommande des gants doublés de coton pour la vaisselle, le ménage et le jardinage, pour que l’eau et les détergents n’atteignent jamais la peau.
  • Un nettoyant doux à l’évier plutôt qu’un savon agressif ou déodorant.
  • Une crème à mains après chaque lavage, gardée près de l’évier et dans une poche de manteau. Un produit de soin des mains au pétrolatum ou aux céramides fait bien l’affaire.
  • Réparation de nuit pour les jointures gercées : un onguent épais sous des gants de coton.

Si les fissures saignent, ne se referment pas, ou si vous voyez de la rougeur et de l’enflure, consultez votre médecin ou votre pharmacien : la dermatite des mains est courante, se traite, mais peut s’infecter si on l’ignore.

Les lèvres

Les lèvres n’ont pas de glandes sébacées et prennent le vent de plein fouet, alors elles gercent tôt. Les conseils de l’American Academy of Dermatology :

  • Utilisez un baume simple au pétrolatum, aux céramides, au beurre de karité ou à l’oxyde de zinc, plusieurs fois par jour et avant le coucher.
  • Évitez les baumes au menthol, au camphre, au phénol ou aromatisés, qui peuvent irriter et entretenir le cycle.
  • Dehors, choisissez un baume avec un FPS de 30 ou plus, puisque la neige réfléchit le soleil sur votre visage.
  • Ne léchez pas, ne mordillez pas, n’arrachez pas les peaux. La salive s’évapore et laisse les lèvres plus sèches qu’avant.
  • Faites tourner un humidificateur dans la chambre, surtout si vous respirez par la bouche la nuit.

Comptez quelques semaines de soins réguliers. Si les lèvres ne s’améliorent pas, consultez : des gerçures persistantes peuvent être une allergie ou autre chose.

Vêtements et lessive

La laine directement sur la peau est un déclencheur classique de démangeaisons. Portez des fibres douces comme le coton ou la soie contre la peau, et la laine par-dessus. Choisissez un détergent à lessive sans parfum : les résidus de parfum dans les tissus irritent souvent la peau sèche et sensible.

Quand c’est plus que l’hiver

La plupart des sécheresses d’hiver répondent à cette routine en deux semaines environ. Si la peau reste rouge, fissurée, suintante ou très irritée, ou si vos produits habituels se mettent à piquer, il se passe peut-être autre chose : l’eczéma, le psoriasis et certaines maladies flambent en hiver. Consultez votre médecin ou votre pharmacien plutôt que d’attendre le printemps.

L’hiver assèche votre peau des deux côtés : l’air extérieur froid et pauvre en humidité, et l’air intérieur chauffé qui peut tomber sous 30 %. Ripostez sur les deux fronts : un humidificateur réglé autour de 30 à 35 %, des douches plus courtes et moins chaudes avec un nettoyant doux, un hydratant plus riche sur peau humide, des gants contre le froid et pour les travaux à l’eau, et un baume simple pour les lèvres. Faites-le régulièrement dès novembre, et l’essentiel des tiraillements, des gerçures et des démangeaisons ne commencera jamais.

Questions liées

Quel taux d’humidité viser dans la maison l’hiver au Canada ?

Santé Canada recommande de garder l’humidité relative entre 30 et 35 % en hiver, et sous 50 % en été. Sous 30 %, dit-il, l’air peut aggraver les allergies cutanées et mener à une peau gercée. Un hygromètre de quincaillerie vous dit où vous en êtes. Les jours de grand froid, il faut parfois baisser l’humidificateur si les fenêtres commencent à s’embuer ou à couler.

L’eau chaude est-elle vraiment si mauvaise pour la peau l’hiver ?

L’eau chaude et les douches longues retirent les huiles naturelles de la couche externe de la peau plus vite que l’eau tiède ou fraîche. L’Association canadienne de dermatologie suggère de limiter les douches et les bains à 5 à 10 minutes, à l’eau tiède, et d’hydrater tout de suite après, sur peau encore humide. La longue douche réconfortante est l’une des principales habitudes qui assèchent la peau l’hiver.

Pourquoi mes mains craquent-elles l’hiver et qu’est-ce qui aide ?

Les mains subissent le pire des deux mondes : froid, vent, et lavages répétés à l’eau et au savon qui retirent les lipides. Portez des gants chauds dehors, des gants doublés de coton pour la vaisselle et les travaux à l’eau, utilisez un nettoyant doux sans parfum et appliquez une crème à mains après chaque lavage. Pour les gerçures, un onguent la nuit sous des gants de coton aide. Si les fissures saignent ou ne guérissent pas, consultez.

Que chercher dans un baume à lèvres ?

Un baume simple, sans parfum, avec du pétrolatum, des céramides, du beurre de karité ou de l’oxyde de zinc, appliqué plusieurs fois par jour et avant le coucher. Évitez les baumes au menthol, au camphre, au phénol ou aromatisés, qui peuvent irriter. Dehors, choisissez-en un avec un FPS de 30 ou plus. Et essayez de ne pas vous lécher les lèvres : la salive s’évapore et les laisse plus sèches qu’avant.

Sources

  1. Relative humidity indoors: factsheetHealth Canada, 2016
  2. Dry skinCanadian Dermatology Association, 2024
  3. Cold weather and your skinAmerican Academy of Dermatology, 2023
  4. Dermatologists’ top tips for relieving dry skinAmerican Academy of Dermatology, 2024
  5. 7 dermatologists’ tips for healing dry, chapped lipsAmerican Academy of Dermatology, 2024
  6. Transepidermal water loss (TEWL): Environment and pollution—A systematic reviewSkin Health and Disease (PubMed Central), 2022

Cet article est une information générale, pas un avis médical. Si vous avez une inquiétude au sujet de votre peau, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien.

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