Infirmières, cuisiniers, parents de tout-petits, préposés à l’entretien, et tous ceux qui se lavaient les mains trente fois par jour en 2020 et n’ont jamais arrêté : cette routine est pour vous. Elle est courte, ennuyeuse, et elle fonctionne parce qu’elle se répète. Chaque étape vient d’organismes de dermatologie, et rien n’exige un produit spécial, juste la bonne sorte de produit ordinaire.
Étape 1 : laver à l’eau tiède avec un nettoyant doux
L’eau chaude semble plus propre. Elle ne l’est pas, et elle décape davantage les lipides (les gras qui tiennent votre barrière cutanée ensemble). L’American Academy of Dermatology recommande de l’eau tiède, pas chaude, et le dépliant de la British Association of Dermatologists sur les mains dit la même chose.
Ensuite, le nettoyant. Le dépliant de la BAD suggère un substitut de savon, ou même votre hydratant sans rinçage, pour le lavage courant, en gardant le savon ordinaire pour les mains visiblement sales, utilisé avec parcimonie et bien rincé. Un nettoyant « doux » veut généralement dire une formule qui mousse peu, avec des tensioactifs plus doux et sans parfum. Si votre savon laisse vos mains tendues, cette tension, c’est la barrière qui vous dit qu’elle a perdu quelque chose.
Quand vos mains ne sont pas sales, un désinfectant à base d’alcool ménage la peau : les CDC américains indiquent qu’il est moins irritant et moins asséchant que l’eau et le savon. Savon quand les mains sont souillées, après les toilettes et pour les germes qui résistent au désinfectant ; friction entre les deux.
Étape 2 : sécher en tapotant, surtout entre les doigts
Frotter une serviette sur une peau abîmée, c’est de la friction par-dessus le décapage. L’AAD conseille de tapoter plutôt que de frotter, et le dépliant de la BAD ajoute le détail qui compte : séchez soigneusement entre les doigts, là où l’eau s’accumule et où les crevasses commencent. Les essuie-mains en papier conviennent. Des mains laissées à sécher à l’air perdent plus d’eau en s’évaporant.
Laissez la peau légèrement humide, pas mouillée, parce que c’est le moment de l’étape 3.
Étape 3 : hydrater chaque fois, sans exception
C’est l’étape qu’on saute, et celle qui décide si la routine fonctionne. La Société canadienne de l’eczéma conseille un hydratant riche immédiatement après le lavage des mains, le bain, le travail humide, et n’importe quand entre les deux. La British Association of Dermatologists parle d’émollients plusieurs fois par jour, chaque fois que la peau est sèche et après chaque lavage. L’AAD dit d’appliquer pendant que la peau est encore humide, parce que la crème retient alors l’eau laissée par le lavage.
Pourquoi chaque fois ? Chaque lavage enlève des lipides ; la crème les remplace. Sautez la crème pendant dix lavages et vous avez reculé de dix pas. Les CDC disent que les lotions et les crèmes peuvent prévenir et réduire la sécheresse causée par le nettoyage des mains, et que les milieux de travail devraient en fournir ; la même logique s’applique à votre cuisine.
Pour que ça tienne :
- Un tube à chaque lavabo, un dans votre sac, un sur votre bureau. Utilisez le plus proche.
- La grosseur d’un pois pour les deux mains, étalée jusqu’à disparition. Un film gras part au prochain lavabo et vous décourage.
- Crème le jour. Elle pénètre assez vite pour taper au clavier.
- En hiver, plus souvent. L’AAD note que le froid augmente la sécheresse et l’irritation, alors les mains ont besoin de crème plus souvent, surtout après avoir été mouillées.
Étape 4 : un onguent pour la nuit
La nuit, la peau se reconstruit, et c’est le seul moment où le gras ne dérange pas. DermNet, une référence en dermatologie, explique que les onguents sont la forme d’hydratant la plus occlusive, c’est-à-dire qu’ils forment la barrière huileuse la plus forte contre la perte d’eau, mais qu’ils peuvent sembler trop gras le jour. Ça en fait le choix du coucher.
Le dépliant de la BAD recommande un onguent plus épais la nuit et note qu’on peut porter des gants de coton après l’application pour garder l’hydratant sur la peau. L’AAD décrit le même truc : appliquer crème ou onguent, enfiler des gants de coton, et laisser agir toute la nuit. Un onguent ordinaire à base de pétrolatum fait bien ce travail, et le dépliant de la BAD souligne que les émollients à base de paraffine causent rarement des allergies, ce qui en fait le choix sûr si vous soupçonnez votre crème de faire partie du problème.
L’AAD suggère aussi un humidificateur ; l’air intérieur canadien en janvier est plus sec que bien des déserts.
Étape 5 : des gants pour le travail humide
Vaisselle, ménage, bain des enfants, légumes, pinceaux à rincer : c’est du « travail humide », la plus grande cause de dermatite des mains hors des hôpitaux. Les gants l’empêchent, avec quelques règles tirées de la BAD, de DermNet et de la Société canadienne de l’eczéma :
- Portez des gants imperméables pour le travail humide et la manipulation de produits de nettoyage.
- Mettez de minces gants de coton dessous. La sueur emprisonnée contre la peau dans un gant de caoutchouc, c’est du travail humide par une autre voie.
- Faites court : le dépliant de la BAD suggère au plus 20 minutes d’affilée, avec des pauses.
- Préférez le vinyle ou le nitrile au latex si le caoutchouc vous dérange.
- Portez des gants chauds en tissu dehors par temps froid ; l’AAD et la BAD en font un soin de la peau, pas seulement un confort.
- Retirez vos bagues pour le lavage et le travail humide. Le savon coincé sous une bague est une cause classique d’éruption sur un seul doigt.
Hydratez aussi en retirant les gants.
Que chercher dans une crème pour les mains
Les étiquettes promettent beaucoup. L’information utile est la liste d’ingrédients, et elle se résume à deux tâches.
Les occlusifs restent en surface et ralentissent l’évaporation de l’eau. DermNet cite la gelée de pétrole, la paraffine, l’huile minérale et la diméthicone. La liste d’ingrédients recommandés de l’AAD ajoute la lanoline, le beurre de karité et l’huile de jojoba.
Les humectants attirent l’eau dans la couche externe de la peau. La glycérine et l’acide hyaluronique sont les doux. L’urée et l’acide lactique fonctionnent aussi, mais DermNet avertit qu’ils peuvent piquer sur une peau abîmée, alors gardez-les pour quand les crevasses sont refermées.
Les céramides, que l’AAD cite aussi, sont des lipides semblables à ceux que le lavage enlève.
Au-delà des ingrédients :
- Sans parfum, pas « non parfumé ». L’AAD note qu’un produit « non parfumé » peut contenir des substances qui masquent les odeurs ; « sans parfum » est la mention à laquelle se fier. Une peau abîmée se sensibilise facilement au parfum.
- En tube, pas à pompe. Le conseil de l’AAD est de choisir les crèmes et onguents qu’on presse d’un tube, plus épais et plus efficaces que les lotions à pompe.
- Des agents de conservation que vous tolérez. DermNet signale certaines familles d’agents de conservation comme allergènes de contact pour les peaux sensibles. Si une crème pique ou démange, arrêtez-la et essayez-en une plus simple.
Vous pouvez comparer les crèmes pour les mains et les hydratants dont les allégations ont été évaluées par le comité.
Quand la routine ne suffit pas
Une bonne routine prévient la plupart des dégâts liés au lavage et guérit une sécheresse légère en une ou deux semaines. Elle ne traite pas une dermatite des mains installée. Si vos mains sont gercées, suintantes, enflées ou douloureuses, ou si elles ne vont pas mieux après deux semaines de tout ce qui précède, consultez votre médecin ou votre pharmacien. L’AAD et la BAD notent que des mains sèches et gercées qui persistent peuvent exiger un traitement sur ordonnance, et qu’une éruption qui revient peut nécessiter des tests épicutanés.
Voilà toute la routine : eau tiède, nettoyant doux, sécher en tapotant, crème chaque fois, onguent la nuit, gants pour le travail humide. Rien de génial là-dedans. Ça doit seulement se produire après chaque lavage, et ça, aucun produit ne peut le faire à votre place.
Questions liées
À quelle fréquence hydrater si je me lave les mains toute la journée ?
Après chaque lavage, et dès qu’elles semblent sèches. La British Association of Dermatologists conseille des émollients plusieurs fois par jour, chaque fois que la peau est sèche et après chaque lavage. La Société canadienne de l’eczéma dit la même chose : un hydratant riche immédiatement après le lavage, le travail humide et n’importe quand entre les deux. Un tube à chaque lavabo rend ça réaliste.
Crème, lotion ou onguent pour les mains ?
Crème le jour, onguent la nuit. L’American Academy of Dermatology dit que les onguents et les crèmes hydratent plus que les lotions et recommande les produits qu’on presse d’un tube plutôt que ceux qu’on pompe d’une bouteille. Les onguents sont les plus occlusifs et les plus gras, ce qui les destine au coucher, idéalement sous des gants de coton.
Quels ingrédients une crème pour les mains devrait-elle contenir ?
Cherchez des occlusifs qui scellent l’eau (pétrolatum, huile minérale, diméthicone, lanoline, beurre de karité) et des humectants qui l’attirent (glycérine, acide hyaluronique). L’AAD les énumère, avec les céramides. Choisissez « sans parfum » plutôt que « non parfumé », puisqu’un produit non parfumé peut contenir un parfum masquant. L’urée et l’acide lactique peuvent piquer sur une peau gercée.
Ai-je vraiment besoin de gants pour la vaisselle ?
Si vos mains sont déjà sèches ou gercées, oui. L’eau et le détergent décapent les lipides de la peau, et la British Association of Dermatologists, DermNet et la Société canadienne de l’eczéma recommandent tous des gants pour le travail humide, avec de minces gants de coton dessous pour absorber la sueur. Gardez chaque séance courte, environ 20 minutes, et hydratez en les retirant.
Sources
- How to care for your hands
- 4 skin care tips for your hands
- Dermatologists’ top tips for relieving dry skin
- Emollients and moisturisers
- Managing hand eczema
- Clinical safety: hand hygiene for healthcare workers
Cet article est une information générale, pas un avis médical. Si vous avez une inquiétude au sujet de votre peau, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien.